Impôts et résidence fiscale en Thaïlande

Faits vérifiés le 2 novembre 2026 sur les sources officielles · Par La rédaction

Vivre en Thaïlande, c’est avoir affaire à deux administrations fiscales : la thaïlandaise, qui regarde votre temps de présence, et la française, qui regarde où sont votre foyer et vos intérêts. Cette page présente les règles générales ; elle ne remplace pas un conseil adapté à votre cas.

Vous devenez résident fiscal thaïlandais à partir d’environ 180 jours de présence dans l’année civile, et vous êtes alors imposable sur vos revenus thaïlandais et sur les revenus étrangers que vous faites entrer en Thaïlande. Côté français, vous restez domicilié fiscalement en France si votre foyer, votre activité principale ou le centre de vos intérêts économiques y reste. La convention fiscale de 1974 règle les cas de double résidence et répartit l’impôt entre les deux pays.

Résident fiscal thaïlandais : environ 180 jours

Le Département thaïlandais des impôts (Revenue Department) considère comme résidente la personne qui séjourne en Thaïlande plus de 180 jours au total dans l’année civile. L’année fiscale est l’année civile, et la déclaration se fait avant le 31 mars de l’année suivante.

Pourquoi « environ » ? La page anglaise du Département des impôts écrit « more than 180 days » (plus de 180 jours), alors que le Code des impôts thaïlandais (article 41) est souvent cité comme « 180 jours ou plus ». La différence tient à un jour, mais elle peut compter si vous êtes juste à la limite. Nous n’avons pas pu relire le texte thaï : si vous approchez de ce seuil, faites-vous confirmer la règle par un conseiller fiscal.

Les jours se comptent au total sur l’année, pas d’affilée. Un séjour long avec le DTV (180 jours par entrée, prolongeable) peut donc suffire à faire de vous un résident fiscal.

Les revenus étrangers que vous faites entrer en Thaïlande

Un résident fiscal thaïlandais est imposable sur ses revenus de source thaïlandaise et sur les revenus étrangers qu’il fait entrer en Thaïlande. Un non-résident n’est imposable que sur ses revenus de source thaïlandaise.

Depuis le 01/01/2024 (ordres Por.161/2566 et Por.162/2566 du Département des impôts), le résident doit déclarer les revenus étrangers qu’il fait entrer en Thaïlande l’année de leur entrée, quelle que soit l’année où ils ont été gagnés. Les revenus nés avant le 01/01/2024 ne sont pas concernés.

Un projet d’exonération des revenus rapatriés l’année même ou l’année suivante est évoqué. À notre connaissance, il n’est pas adopté. Ne bâtissez pas votre organisation sur ce projet.

Le barème de l’impôt thaïlandais

Le barème progressif en vigueur depuis l’année fiscale 2017, publié en thaï par le Département des impôts, s’applique au revenu net imposable :

Revenu net imposable (bahts)Taux
0 à 150 000Exonéré
150 001 à 300 0005 %
300 001 à 500 00010 %
500 001 à 750 00015 %
750 001 à 1 000 00020 %
1 000 001 à 2 000 00025 %
2 000 001 à 5 000 00030 %
Plus de 5 000 00035 %

Source : Département des impôts, page en thaï mise à jour le 09/01/2021. La page anglaise du même site affiche encore un ancien barème : ne vous y fiez pas.

Avant d’appliquer le barème, le contribuable déduit notamment un abattement personnel de 60 000 bahts (guide de la déclaration PND 90 de l'année fiscale 2025). Le barème et les abattements de l’année fiscale 2026 seront à revérifier début 2027.

Le numéro fiscal thaïlandais

Un étranger qui n’a pas de numéro d’identité thaïlandais demande un numéro fiscal (TIN) avec le formulaire ล.ป.10.1 (Lor Por 10.1), au bureau des impôts de son secteur, avec une copie de son passeport. Le Département des impôts indique un délai de 60 jours après le premier revenu imposable. Le formulaire actuel parle d’un numéro à 13 chiffres.

Rester ou non domicilié fiscalement en France

Partir vivre en Thaïlande ne fait pas automatiquement de vous un non-résident fiscal français. Selon l’article 4 B du Code général des impôts, vous restez domicilié en France si un seul de ces critères est rempli :

  • votre foyer (conjoint ou partenaire de Pacs, enfants) reste en France, ou, à défaut de foyer, votre lieu de séjour principal ;
  • vous exercez en France une activité professionnelle qui n’est pas accessoire ;
  • le centre de vos intérêts économiques est en France (principaux placements, siège de vos affaires, source principale de revenus).

Si vous êtes non-résident, vous restez imposable en France, le plus souvent sur vos seuls revenus de source française, avec un taux minimum de 20 % jusqu'à 29 579 € de revenus et 30 % au-delà (l’administration retient le plus élevé entre ce taux et le barème). L’année du départ, vous déclarez vos revenus du 1er janvier à la date du départ, plus les revenus de source française perçus ensuite.

Si vous restez domicilié en France, vous devez déclarer vos comptes ouverts en Thaïlande : voir Ouvrir un compte bancaire.

La convention fiscale France-Thaïlande

Signée à Bangkok le 27/12/1974, elle est en vigueur depuis le 29/08/1975. Ses principaux articles pour un particulier :

  • Double résidence (article 4) : si les deux pays vous considèrent comme résident, on regarde dans l’ordre votre foyer d’habitation permanent, le centre de vos intérêts vitaux, votre lieu de séjour habituel, puis votre nationalité ; à défaut, les deux administrations s’entendent.
  • Salaires (article 15) : imposables dans le pays de résidence, sauf travail exercé dans l’autre pays. Voir Travailler en Thaïlande pour la règle des 183 jours.
  • Pensions privées (article 18) : les pensions venant de France et versées à un résident de Thaïlande sont imposables en France.
  • Pensions et rémunérations publiques (article 19) : imposables en France.
  • Autres revenus (article 22) : imposables dans le pays d’où ils proviennent.
  • Élimination de la double imposition (article 23) : côté thaïlandais, les revenus imposables en France selon la convention sont exonérés d’impôt thaïlandais. La Thaïlande peut en tenir compte pour fixer le taux applicable à vos autres revenus.

Le cas des pensions françaises

Le 23/07/2026, en réponse à la question écrite d’un sénateur, le ministère français de l’Économie a indiqué que le Département des impôts thaïlandais lui avait confirmé que les pensions de source française sont exonérées en Thaïlande, en application de l’article 23. Le ministère ajoute que la convention prime sur le droit interne, mais que la Thaïlande peut exiger une déclaration accompagnée de la preuve de l’imposition en France.

Cette position repose sur la réponse du gouvernement français au Sénat. Nous n’avons pas trouvé de texte thaïlandais publié qui la reprenne. Gardez la preuve de votre imposition en France et consultez un conseiller fiscal pour votre situation.

Qui consulter

Pour un cas personnel (double résidence, revenus mixtes, activité d’indépendant, patrimoine), adressez-vous à un avocat fiscaliste ou à un expert-comptable spécialisé en fiscalité internationale, et, pour la partie française, à votre service des impôts via impots.gouv.fr. Pour les retraités, voyez aussi Prendre sa retraite en Thaïlande.

Sources officielles

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