Travailler en Thaïlande : ce qui est permis

Faits vérifiés le 1er novembre 2026 sur les sources officielles · Par La rédaction

Trouver un emploi sur place, continuer à travailler pour son employeur français, lancer une activité d’indépendant : en Thaïlande, la réponse dépend d’abord du permis de travail. Voici les règles écrites, et ce qu’elles ne disent pas.

Un étranger ne peut pas travailler en Thaïlande sans permis de travail, qu’il soit salarié ou à son compte, et 40 métiers lui sont fermés ou réservés sous conditions. Le télétravail pour une entreprise établie à l’étranger est prévu par le DTV et par une catégorie du LTR. Travailler sans permis expose à une amende, au renvoi hors du pays et, depuis août 2026, à une expulsion rapide.

La règle de base : pas de travail sans permis

Le décret d’urgence de 2017 sur la gestion du travail des étrangers, modifié en 2018, interdit à un étranger de travailler sans permis de travail, ou en dehors de ce que son permis autorise (article 8).

Le « travail » y est défini largement (article 5) : c’est l’exercice de toute profession, qu’il y ait un employeur ou non. Une activité d’indépendant ou de freelance exercée en Thaïlande entre donc dans le champ de la loi. Seule exception prévue par cet article : l’activité d’une entreprise titulaire d’une licence d’entreprise étrangère.

Un permis de travail est délivré pour 2 ans au plus à la fois. Il se demande en général avec un employeur en Thaïlande et un visa adapté, le plus souvent le visa d’affaires B : voir Visa travail (B) et permis de travail.

Les 40 métiers interdits ou réservés

Un arrêté du ministère du Travail du 01/04/2020 (Journal officiel du 21/04/2020) fixe 4 listes :

ListeRègleExemples
Liste 1 (27 métiers)Interdits aux étrangers dans tous les casMassage thaï, guide touristique, coiffure et soins de beauté, conduite de véhicules (sauf pilote de ligne internationale et cariste), secrétariat et travail de bureau, services juridiques (sauf arbitrage), vente ambulante, nombreux artisanats thaïs
Liste 2 (3 métiers)Interdits sauf accord internationalComptabilité, génie civil, architecture
Liste 3 (8 métiers)Possibles seulement comme salarié qualifiéAgriculture et pêche, maçonnerie et construction
Liste 4 (2 métiers)Possibles seulement pour un salarié venu dans le cadre d’un accord entre ÉtatsManœuvre, vendeur en boutique

Source : arrêté publié par le Département de l’emploi. La traduction anglaise du Département n’a pas de valeur légale : seul le texte thaï fait foi.

Conséquence pratique : ouvrir un salon de massage et y masser soi-même, ou proposer des visites guidées, n’est pas possible pour un étranger, même avec un permis de travail.

Les sanctions

  • Pour le travailleur : amende de 5 000 à 50 000 bahts, puis renvoi hors de Thaïlande dès que l’amende est payée (article 101). Le texte consolidé publié par le Département de l’emploi ajoute qu’une personne condamnée ne peut pas obtenir de permis de travail avant 2 ans (article 64/1).
  • Pour l’employeur : amende de 10 000 à 100 000 bahts par étranger employé sans permis, avec des peines plus lourdes en cas de récidive.
  • Expulsion rapide : selon France Diplomatie, un règlement entré en vigueur le 28/08/2026 permet d’expulser rapidement une personne condamnée, notamment pour travail sans permis.

Une page du ministère du Travail de 2018 cite des peines plus lourdes pour un travailleur récidiviste. Nous n’avons pas pu vérifier qu’elles sont toujours en vigueur dans le texte actuel : nous ne les reprenons pas.

Télétravail pour un employeur ou des clients à l’étranger

Deux visas prévoient explicitement le travail à distance pour l’étranger.

Le DTV, catégorie « Workcation »

Le DTV s’adresse notamment aux nomades numériques, télétravailleurs et freelances. L’ambassade de Thaïlande à Singapour précise que le télétravail vise une entreprise à l’étranger, pas en Thaïlande. L’ambassade à Paris demande, pour un salarié, une attestation d’un employeur en France, et pour un auto-entrepreneur, des justificatifs de son activité. Voir DTV pour télétravailleurs et nomades digitaux.

Le LTR, catégorie « Work-from-Thailand Professional »

Elle vise les salariés d’entreprises étrangères bien établies, avec des seuils de revenus élevés fixés par le Board of Investment (BOI). Voir Visa LTR.

Aucun texte officiel que nous avons lu ne dit qu’un touriste entré sans visa peut télétravailler, ni qu’un titulaire du DTV peut facturer des clients thaïlandais. Les textes parlent d’une activité pour une entreprise à l’étranger et interdisent tout travail sans permis : facturer des clients en Thaïlande sans permis est donc un risque réel.

Et côté impôts ?

Travailler depuis la Thaïlande peut avoir des conséquences fiscales. La convention fiscale franco-thaïlandaise (article 15) prévoit qu’un salaire reste imposable seulement en France, pour un résident de France qui travaille en Thaïlande, si trois conditions sont réunies : séjour de 183 jours au plus dans l’année fiscale, employeur qui n’est pas résident de Thaïlande, salaire qui n’est pas payé par un établissement en Thaïlande. Au-delà d’environ 180 jours de présence, vous pouvez aussi devenir résident fiscal thaïlandais. Voir Impôts et résidence fiscale et faites-vous conseiller pour votre cas.

En résumé

  • Un emploi en Thaïlande : employeur thaïlandais, visa B, permis de travail, et un métier qui ne figure pas dans les listes interdites.
  • Un travail à distance pour la France : DTV ou LTR selon votre profil, sans clientèle thaïlandaise.
  • Une activité d’indépendant tournée vers la Thaïlande : un permis de travail est nécessaire ; renseignez-vous auprès d’un avocat avant de commencer.

Sources officielles

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