DTV pour télétravailleurs et nomades digitaux

Faits vérifiés le 1er novembre 2026 sur les sources officielles · Par La rédaction

Le DTV est souvent présenté comme le visa « nomade digital » de la Thaïlande. C’est en partie vrai : il permet de travailler à distance depuis le pays, mais pour l’étranger seulement, et avec des justificatifs précis.

Un salarié en télétravail, un freelance ou un auto-entrepreneur peut demander le DTV dans la catégorie « Workcation ». À Paris, le salarié fournit une attestation de son employeur en France, l’indépendant une lettre et des preuves d’activité. Le visa ne vaut pas permis de travail : l’activité doit rester tournée vers l’étranger.

Les profils visés

Le portail officiel thaïlandais cite, pour la catégorie « Workcation » :

  • le nomade numérique, qui travaille en ligne depuis n’importe où ;
  • le télétravailleur (« remote worker »), salarié d’une entreprise qui l’autorise à travailler à distance ;
  • le freelance ;
  • le « foreign talent », formule qui désigne un professionnel étranger qualifié.

Ce qui réunit ces profils, c’est la destination du travail. Sur sa page consacrée à la « Workcation », l’ambassade de Thaïlande à Singapour précise que le travail à distance s’entend pour une entreprise à l’étranger, et non en Thaïlande.

Vous êtes salarié en France

L’ambassade de Paris demande un contrat de travail ou une attestation de votre entreprise en France. Ce document doit indiquer trois choses :

  1. que vous êtes toujours salarié ;
  2. que votre poste permet le télétravail ;
  3. que l’entreprise continue de vous payer pendant votre séjour.

Vous fusionnez cette attestation, dans un seul fichier, avec l’extrait du registre du commerce de l’entreprise et votre dernière fiche de paie. Si vous ne pouvez pas fournir ces pièces, l’ambassade accepte à défaut un portfolio professionnel.

Vous êtes auto-entrepreneur ou freelance

Pour un auto-entrepreneur, l’ambassade de Paris attend une lettre rédigée en français et en anglais qui décrit :

  • la nature de votre travail à distance ;
  • la source de vos revenus ;
  • l’adresse de votre site ou de votre profil sur une plateforme (l’ambassade cite Malt, Fiverr ou YouTube), où apparaissent vos nom, prénom et photo.

Cette lettre est fusionnée avec l’avis de situation au répertoire SIRENE de l’Insee, une facture de moins de 3 mois et la preuve du virement reçu pour cette facture. Les autres pièces (ressources, résidence, casier) sont les mêmes que pour tous les demandeurs : voir Les documents à fournir.

L’ambassade demande des pièces en anglais ou en thaï. Pour les documents français (avis SIRENE, fiche de paie, extrait du registre du commerce), elle ne précise pas sur les pages consultées si une traduction est attendue. Posez la question par e-mail avant de déposer.

Travailler pour des clients thaïlandais ?

C’est la question la plus délicate. Aucune page officielle consultée ne dit en toutes lettres qu’un titulaire du DTV n’a pas le droit d’avoir des clients en Thaïlande. Mais plusieurs textes vont dans le même sens :

  • l’ambassade à Singapour limite le télétravail à une entreprise à l’étranger ;
  • l’ambassade à Paris rappelle que travailler sans autorisation expose à une amende, à l’expulsion et à une interdiction de revenir ;
  • France Diplomatie range le travail sans permis parmi les motifs d’expulsion rapide prévus par un règlement thaïlandais du 28/08/2026.

Par prudence, considérez que le DTV couvre une activité pour l’étranger, et que toute activité pour le marché thaïlandais suppose un permis de travail. Notre page Travailler en Thaïlande : ce qui est permis présente les règles générales, et notre page sur le visa travail (B) et le permis de travail complète ce point. Pour un projet précis, un avocat installé en Thaïlande est le bon interlocuteur.

Et les impôts ?

Le DTV ne crée aucune règle fiscale particulière. Ce qui compte, c’est la durée de présence : selon le Département thaïlandais des impôts, une personne qui séjourne plus de 180 jours dans l’année fiscale est résidente. Le texte anglais dit « plus de 180 jours », d’autres lectures du Code parlent de « 180 jours ou plus » : le seuil exact reste à confirmer.

Un résident fiscal qui fait entrer en Thaïlande des revenus gagnés à l’étranger doit, depuis le 01/01/2024, les déclarer l’année de leur entrée dans le pays ; les revenus nés avant cette date ne sont pas visés. Un projet d’exonération circule, mais il n’est pas adopté à notre connaissance. Vous trouverez plus de détails sur la page Impôts et résidence fiscale, et un conseiller fiscal pourra examiner votre situation, notamment au regard de la convention fiscale entre la France et la Thaïlande.

Organiser votre séjour de télétravail

Avec le DTV, chaque entrée donne 180 jours, prolongeables une fois de 180 jours sur place. Si vous gardez votre emploi en France, vérifiez avec votre employeur que l’attestation couvre bien toute la durée prévue. Les formalités de séjour (déclaration des 90 jours, TM.30, TDAC à chaque arrivée) sont décrites sur la page vivre avec le DTV. Pour les conditions générales du visa, voyez Qui peut demander le DTV ? et le guide complet.

Sources officielles

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