Prolonger son séjour en Thaïlande (et la fin des visa runs)

Faits vérifiés le 1er novembre 2026 sur les sources officielles · Par La rédaction

Rester quelques semaines de plus, sortir du pays sans perdre son visa, éviter une amende : voici les règles de l’immigration thaïlandaise, et ce que disent les autorités des allers-retours aux frontières.

Une entrée sans visa ou avec un visa touristique se prolonge une seule fois, de 30 jours au plus, auprès de l’immigration, pour 1 900 bahts. Les visas non-immigrants (retraite, famille, études, travail) se prolongent selon leurs propres règles, souvent d’un an. Enchaîner les sorties et les retours pour rester sans visa est jugé illégal par France Diplomatie et peut valoir un refus d’entrée.

Prolonger selon votre situation

Vous êtes entré avec…Prolongation possibleDétails
L’exemption de 30 joursUne fois, 30 jours au plusSans visa
Un visa touristique TRUne fois, 30 jours au plusVisa touristique
Un Non-O retraite ou un O-AUn an au plus, renouvelableVisa retraite
Un Non-O familleUn an au plus, renouvelableVisa mariage
Un visa ED90 jours par autorisation, un an au total (école de langue)Visa étudiant
Un visa BUn an au plus pour motif professionnelVisa travail
Le DTVUne fois, 180 jours au plusGuide du DTV

Source : immigration de Bangkok, page des prolongations (non datée), et pages de l’ambassade de Paris. Relevé du 02/11/2026.

Frais d’une prolongation, quelle que soit la catégorie, selon la grille de l’immigration : 1 900 bahts. Ils ne sont jamais remboursés.

Prolonger les 30 jours d’une exemption ou d’un visa touristique

Le bureau de l’immigration de Bangkok prévoit une seule prolongation de 30 jours au plus pour un étranger entré avec un visa touristique ou une exemption de 30 jours à des fins touristiques. Vous présentez :

  • le formulaire TM.7, la demande de prolongation, avec une photo de moins de 6 mois ;
  • une copie de votre passeport ;
  • les frais de 1 900 bahts.

La page consacrée à cette prolongation ne cite pas de montant : celui-ci vient de la grille générale des frais (« Extension for Visa »), et il correspond à ce qu’indique l’ambassade de Paris pour le visa touristique. À Bangkok, une demande en ligne appelée « e-Extension » est possible pour le motif tourisme ; la vignette se retire ensuite au centre de Chaeng Wattana.

Le permis de retour : ne pas perdre son séjour en sortant

Quitter la Thaïlande met fin à l’autorisation de séjour en cours, sauf si vous avez obtenu avant de partir un permis de retour (re-entry permit). Avec lui, vous retrouvez au retour le temps de séjour qui vous restait. C’est indispensable pour un retraité ou un conjoint qui a obtenu une prolongation d’un an et part quelques semaines en France.

  • Formulaire TM.8, avec une photo de 4 × 6 cm.
  • Une sortie : 1 000 bahts.
  • Sorties multiples : 3 800 bahts.

Le permis de retour se demande auprès de l’immigration en Thaïlande, pas à l’ambassade de Paris. Les titulaires du LTR en sont dispensés.

Les « visa runs » : ce que disent les autorités

Un « visa run » consiste à sortir du pays, par exemple par une frontière terrestre, pour revenir aussitôt et obtenir une nouvelle période sans visa. France Diplomatie juge « illégal » de multiplier ces allers-retours pour rester sans visa. Selon elle, cette pratique « conduit systématiquement » à un refus d’entrée et à un placement en rétention avant renvoi.

Côté thaïlandais, le communiqué de l’autorité du tourisme (TAT) du 01/09/2026 limite à deux par année civile les entrées sans visa aux frontières terrestres. Il ne fixe pas de règle pour les arrivées par avion. France Diplomatie, elle, évoque une limite de deux entrées « quel que soit le mode de transport », tout en écrivant ailleurs sur la même page que la voie aérienne n’est pas concernée.

Tant que ce point n’est pas éclairci, ne comptez pas sur des entrées sans visa répétées pour vivre en Thaïlande. Si votre projet en dépend, interrogez l’ambassade de Paris (visa.par@mfa.go.th). Pour passer plusieurs mois par an dans le pays, un visa long est la voie prévue par les textes : voir le comparatif des visas longs.

Dépassement de séjour : amende et interdiction de retour

Rester au-delà de la date autorisée (« overstay ») coûte 500 bahts par jour, dans la limite de 20 000 bahts. Au-delà de l’amende, un ordre du ministère de l’Intérieur (n° 1/2558) prévoit des interdictions de revenir, comptées à partir du départ.

SituationDurée du dépassementInterdiction de retour
Vous vous présentez de vous-mêmePlus de 90 jours1 an
Vous vous présentez de vous-mêmePlus d’un an3 ans
Vous vous présentez de vous-mêmePlus de 3 ans5 ans
Vous vous présentez de vous-mêmePlus de 5 ans10 ans
Vous êtes arrêtéUn an ou moins5 ans
Vous êtes arrêtéPlus d’un an10 ans

Sources : immigration de Bangkok (FAQ), ambassade de Paris (page « Infractions », mise à jour le 14/04/2021), France Diplomatie (07/10/2026).

Ces interdictions ne visent pas les mineurs de moins de 18 ans au moment du départ. Un recours est possible avec le formulaire TM.11, dans les 48 heures, si vous êtes encore en Thaïlande. Depuis l’étranger, il n’est ouvert qu’après au moins 5 ans d’interdiction, et il ne passe pas par l’ambassade de Paris.

France Diplomatie signale aussi qu’un règlement en vigueur depuis le 28/08/2026 permet une expulsion rapide après une condamnation définitive, notamment pour séjour irrégulier ou dépassement.

Les autres obligations pendant un long séjour

Au-delà de 90 jours de présence, vous déclarez votre adresse à l’immigration tous les 90 jours. Un retard coûte 2 000 bahts, davantage en cas d’arrestation. Voir Déclaration des 90 jours et adresse (TM30).

Changer de catégorie de visa sur place, par exemple passer d’une exemption à un Non-O, est prévu par l’immigration, mais les conditions détaillées ne figurent pas sur les pages que nous avons consultées. Renseignez-vous auprès du bureau d’immigration de votre province avant d’en faire votre plan.

Sources officielles

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